Cette chenille destructrice s'incruste sur la Côte-Nord et au Lac-Saint-Jean malgré les pulvérisations à l'insecticide biologique BTK. En un an, la superficie de forêt touchée par cette nouvelle épidémie a triplé sur la Côte-Nord (189 000 à 532 000 hectares) et doublé au Lac-Saint-Jean (74 000 à environ 156 000 hectares).
Il y a cinq ans, sur la Côte-Nord, la tordeuse ne touchait que 2319 hectares.
«La dernière épidémie s'était étendue d'ouest en est sur le territoire. Celle-ci se comporte d'une façon différente comme dans une formule champignon. Elle ne lève pas partout en même temps», explique Serge Tanguay, directeur général de la Société de protection des forêts contre les insectes et les maladies (SOPFIM).
Entre 1967 et 1992, pas moins de 35 millions d'hectares de forêt avaient été touchés au Québec, provoquant la mortalité de 1,1 million d'arbres. La quantité d'arbres perdus lors de cette grande épidémie équivalait, en volume, aux besoins des usines actuelles (pâtes et sciage) sur 10 ans. Le cycle de l'épidémie est d'environ 30 ans mais est variable de région en région.
Pulvérisation
Quelque 45 000 hectares en forêts nord-côtières et 15 000 au Lac-Saint-Jean seront l'objet de pulvérisations cet été. Sur la Côte-Nord, les secteurs entre Forestville et Port-Cartier sont les plus affectés. Environ 40 personnes ont été embauchées sur la Côte-Nord pour aider à ces opérations. «L'objectif du programme de pulvérisation n'est pas d'enrayer l'insecte, parce qu'il y en a des milliards, mais de permettre à la forêt de survivre pendant l'épidémie. L'idée est ainsi de réduire l'impact économique de l'épidémie. Le programme de protection contre la tordeuse inclut une gamme de mesures en plus des pulvérisations. Il peut aussi s'agir, selon le cas, de coupes et d'aménagements particuliers par le ministère des Ressources naturelles et l'industrie», précise Serge Tanguay. Le BTK n'est d'aucun danger pour les êtres humains, les animaux et la flore.
La tordeuse est aussi active sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, mais dans une moindre mesure dans les secteurs de La Mitis-Val-Brillant et de Cap-Chat-Mont-Louis. Un arrosage est toutefois exclu.
La tordeuse des bourgeons de l'épinette est l'insecte le plus destructeur des peuplements de conifères de l'Amérique du Nord



