L’aire de distribution des différents ravageurs forestiers demeure très vaste en raison de la répartition spatiale des espèces arborescentes susceptibles. Par conséquent, seules les forêts les plus vulnérables aux attaques d’un insecte sont ciblées pour les traitements, en raison des risques de mortalité pouvant causer des impacts socio-économiques significatifs.
La délimitation des aires admissibles aux interventions de protection directe repose sur des critères forestiers et opérationnels définis par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. La SOPFIM a pour mandat d’appliquer ces règles et de procéder à la cartographie, à la validation aérienne ainsi qu’à la mise à jour annuelle de l’information.
Critères de détermination des secteurs admissibles
Cet outil cartographique permet de connaître les secteurs qui pourront, le cas échéant, bénéficier d’une protection à l’aide de pulvérisations aériennes d’insecticide biologique. Les prescriptions de traitement proposées par la SOPFIM s’appliquent uniquement dans les aires admissibles, à moins de demandes spéciales approuvées par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune.
Les aires non retenues pour ce type d’intervention devront faire l’objet de mesures préventives, dont les éclaircies, d’actions curatives, telles que la récolte anticipée (prérécupération) ou la récupération des forêts endommagées. Dans certains cas, aucune mesure particulière ne peut être envisagée, alors les autorités acceptent les pertes de bois ou procèdent à des activités sylvicoles permettant de les compenser.
À la fin de la période d’activité saisonnière d’un ravageur, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune réalise un inventaire aérien de la défoliation annuelle causée par l’insecte. Ainsi, les différents massifs forestiers susceptibles sont cartographiés selon les classes de défoliation suivantes : Légère (1 à 35 %), Modérée (36 à 70 %) ou Grave (71 à 100 %). Il s’agit d’un intrant majeur pour déterminer la pertinence des interventions de contrôle des dommages.
Ces renseignements représentent une image annuelle de l’étendue et de la sévérité de l’infestation sur un territoire donné. L’utilisation de plusieurs documents cartographiques successifs (annuels) permet au gestionnaire de visualiser la progression d’une épidémie ainsi que la récurrence des dommages à l’intérieur de secteurs précis. Ce dernier peut donc planifier plus facilement ces interventions dans le temps et sur le territoire sous sa responsabilité.
Pendant la période automnale, un inventaire des populations
d’insectes en hibernation est réalisé, afin de connaître les niveaux
d’infestation et de dommage prévus pour la saison estivale suivante. Le
ministère des Ressources naturelles et de la Faune procède à des relevés
extensifs de détection dans les forêts susceptibles d’être attaquées,
tandis que la SOPFIM effectue une récolte d’échantillons plus intensive
au cœur des secteurs infestés, dans le but de planifier des
interventions de protection directe par pulvérisation aérienne
d’insecticide biologique.
Dans le cas de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, les résultats
de l’inventaire des larves en hibernation (L2) exprimés en larves par
10 m2 de feuillage permettent de prédire les niveaux de population et de
défoliation afférents selon les classes suivantes : Nulle (0 L2/10 m2),
Faible (1 à 188 L2/10 m2), Modérée (189 à 540 L2/10 m2), Élevée (541 à 1
184 L2/10 m2) et Très élevée (> 1 184 L2/10 m2).
Ces prévisions guident principalement le choix des traitements au Btk
à appliquer sur une superficie précise, de même que les gestionnaires
qui peuvent anticiper le déploiement de l’épidémie pour ajuster les
plans d’intervention en conséquence.
En période épidémique, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune réalise périodiquement un inventaire aérien visant à évaluer l’état de santé des forêts infestées. Ce relevé fournit des renseignements cartographiques représentant les niveaux de défoliation cumulative et de mortalité des arbres sur l’ensemble du territoire aux prises avec une épidémie majeure.
Pour les gestionnaires, ce type d’information permet de planifier les opérations de récupération des bois selon des priorités associées au pourcentage de mortalité observé au sein des peuplements forestiers. Lorsque le niveau de mortalité dépasse 50 % du volume ligneux sur pied dans les aires admissibles aux pulvérisations aériennes d’insecticide, celles-ci sont retirées de la programmation de protection directe au profit des opérations de récupération.
Sur la base des renseignements disponibles à l’automne, dont la défoliation annuelle observée sur le territoire, les niveaux de population d’insectes et de défoliation anticipés, l’état de santé des forêts, les prévisions de récolte de matière ligneuse ainsi que les priorités de protection dictées par le gouvernement du Québec, certains secteurs forestiers admissibles sont prévus au programme de pulvérisation aérienne d’insecticide biologique.
La cartographie des secteurs traités représente le programme annuel de pulvérisation aérienne d’insecticide complété par la SOPFIM. En dépit d’une planification très précise d’un programme de lutte (secteurs prévus), il survient divers événements pouvant apporter des modifications au plan d’intervention initial. Des aires admissibles retenues pour des traitements ont pu subir des perturbations naturelles (chablis, feu) ou des modifications au plan de récolte. Certaines années, des conditions météorologiques défavorables pendant la période ciblée pour les pulvérisations aériennes d’insecticide ne permettent pas de compléter le programme prévu. Au point de vue de l’insecte visé, des conditions de température hivernale ou printanière adverses peuvent causer une mortalité importante, réduisant ainsi le recours à des traitements.
Pour un insecte donné, les gestionnaires requérant des renseignements cartographiques peuvent effectuer une demande en sélectionnant les éléments désirés dans les divers menus déroulants. Les documents cartographiques peuvent être consultés en ligne ou téléchargés pour une utilisation personnalisée.
Note importante : Pour une demande à l’échelle provinciale, il sera possible de visualiser le résultat à l’écran, mais impossible de télécharger l’ensemble des données numériques ("shapefiles") d’un seul bloc. Dans ce cas, l’approche par région ou l’utilisation du format PDF devra être privilégiée.